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Voici pourquoi c’est le chaos dans les aéroports du monde entier – dont Montréal

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Les voyageurs font la queue à l'aéroport Schiphol d'Amsterdam le 21 juin. Après deux ans de restrictions liées à la pandémie, la demande de voyages revient en force, mais les compagnies aériennes et les aéroports, qui ont supprimé des emplois au plus fort de la crise de la Covid-19, ont du mal à suivre. (AP Photo/Peter Dejong)

Partout dans le monde, les gens sont impatients de recommencer à voyager, les restrictions liées à la pandémie ayant été levées. Mais ceux qui prévoient se rendre à leur destination de vacances en avion ont été frustrés par le chaos qui règne dans le secteur aérien.

Tant en Amérique du Nord qu’en Europe, des milliers de vols ont été annulés et des centaines de milliers de passagers ont vu leur voyage perturbé. L’aéroport Montréal-Trudeau n’est pas en reste : on ne compte plus les bagages perdus, les vols retardés ou annulés, les délais de toutes sortes.

Voici les réponses à quelques grandes interrogations concernant les difficultés actuelles rencontrées dans le secteur des voyages aériens.

Pourquoi tant de vols sont-ils annulés ou retardés ?

La principale cause de ces perturbations réside dans le manque de personnel qualifié dans les aéroports pour faire face à la récente augmentation du trafic de passagers.

Les compagnies aériennes ont profité de la récente demande de voyages pour rétablir le nombre d’appareils et les horaires de vol à près de 80 % de ce qu’ils étaient avant la pandémie. La quantité de vols qui en résulte met à rude épreuve la capacité de l’infrastructure de soutien – aéroports, contrôle de la circulation aérienne et conditions de travail.

Le graphique montre une chute importante en 2020 et une remontée régulière depuis 2021
Les voyages aériens, calculés en fonction du nombre de kilomètres parcourus par les passagers payants, ont entamé une remontée après la levée des restrictions liées à la pandémie.
(Association internationale du transport aérien)

Ces situations se produisent-elles uniquement dans certains aéroports ou s’agit-il d’un problème mondial ?

Le phénomène de congestion observé pendant la saison des voyages estivaux de 2022 se propage rapidement dans un certain nombre d’aéroports européens et nord-américains. La raison sous-jacente est assez simple : le marché des transports aériens actuel a enregistré les volumes les plus élevés de passagers au cours des derniers mois.

La disparition accélérée des protocoles Covid-19 dans ce secteur depuis le mois de mars a généré une augmentation considérable de la demande de voyages par avion, avec des volumes de passagers qui n’avaient pas été observés depuis plus de deux ans. Cette augmentation a été particulièrement visible dans les aéroports centraux des grandes compagnies aériennes, tels qu’Amsterdam, Londres, New York, Toronto ou Montréal, où des dizaines de milliers de passagers transitent chaque jour.

Tous ces problèmes sont-ils liés à la pandémie ?

Lorsque le marché mondial des voyages aériens s’est effondré en mars 2020 avec l’introduction de restrictions sur les déplacements et la fermeture des frontières, le secteur de l’aviation commerciale a pris des mesures pour conserver ses liquidités et maintenir un effectif minimal.

Des centaines de milliers de travailleurs du secteur de l’aviation ont été licenciés ou mis à pied ; le milieu de l’aviation commerciale a ainsi perdu des années d’expérience et d’expertise technique.

Les gouvernements du monde entier ont apporté un soutien financier de plus de 200 G$ US pour aider le secteur à maintenir un service minimal et à éviter l’effondrement financier.

Lorsque la demande de voyages aériens a repris en mars dernier, un recrutement intensif s’est amorcé, mais dans un environnement de travail très différent. Les personnes qui sont parties en 2020 se sont, pour la plupart, tournées vers d’autres possibilités de carrière et n’avaient plus grand intérêt à revenir dans un secteur caractérisé par une rémunération plus faible et un risque professionnel accru. L’origine de la pénurie de personnel provient donc de la pandémie, et elle continuera d’avoir une incidence sur les niveaux d’emploi lorsque les voyages reprendront.

Une file d’attente derrière une barrière dans un aéroport
Des voyageurs font la queue pour s’enregistrer et monter à bord d’un avion à l’aéroport Schiphol d’Amsterdam (Pays-Bas), le 21 juin.
(AP Photo/Peter Dejong, File)

À combien s’élève le nombre de personnes qui voyagent aujourd’hui comparativement à l’an dernier, et par rapport à la période prépandémique ?

L’Association internationale du transport aérien publie des statistiques sur les volumes de voyages par avion sur divers marchés mondiaux. Des différences importantes ont été constatées par rapport aux niveaux de 2021 et d’avant la pandémie.

Le secteur des voyages aérien qui a connu la plus forte reprise est celui des vols intérieurs en Amérique du Nord : en avril 2022, les déplacements ont augmenté de plus de 280 % par rapport aux niveaux de trafic d’avril 2021, mais restent légèrement inférieurs de plus de 30 % à ceux d’avril 2019.

Sur le marché intérieur chinois, la restriction prolongée des déplacements liée à la pandémie et les fermetures occasionnelles des villes ont entraîné une baisse de près de 80 % du trafic en avril 2022, par rapport à avril 2021 et 2019.

Quoi faire pour éviter les retards ?

Un certain nombre de solutions peuvent être appliquées pour remédier au nombre actuel de retards.

Les autorités européennes ont annoncé des réductions de vols ciblées, tandis que le gouvernement américain menace d’en imposer afin de réduire autant que possible les annulations de vols.

Le gouvernement canadien a organisé une réunion avec les principales organisations du secteur de l’aviation au Canada pour discuter d’une résolution concertée et efficace. Air Canada a annoncé des mesures visant à atténuer la congestion aux aéroports Pearson de Toronto et Trudeau de Montréal.

Les responsables du gouvernement canadien ont également signalé leur intention d’embaucher près de 2000 personnes supplémentaires pour assurer la sécurité et le contrôle frontaliers en vue de résoudre des enjeux de congestion ponctuels. Les groupes de travailleurs doutent que de telles mesures permettent de résoudre les problèmes de congestion.

Le principal obstacle est le volume de passagers attirés dans l’environnement aéroportuaire par la quantité de vols proposés par les compagnies aériennes. Ces dernières ont décidé d’accroître leur capacité pour répondre à la forte demande de voyages aériens, mais les infrastructures des aéroports ne sont pas équipées pour traiter de tels volumes.

Cet enthousiasme de la part du secteur aérien est louable dans un contexte où un personnel adéquat et expérimenté est disponible dans les aéroports. Mais ce n’est pas le cas actuellement et ce ne le sera pas dans un avenir prévisible.

Une photo floue de personnes circulant dans un aéroport
Des voyageurs font la queue au contrôle de sécurité à l’aéroport d’Heathrow, à Londres, le 22 juin. Des perturbations dans les transports sont à prévoir au moins jusqu’en septembre.
(AP Photo/Frank Augstein)

Combien de temps cette situation durera-t-elle ?

La saison des vacances estivales bat son plein dans l’hémisphère nord. La capacité supplémentaire des compagnies aériennes et la demande accrue de transports par avion de la part d’une population privée de voyages se poursuivront au moins jusqu’en septembre.

À moins que les mesures envisagées par les transporteurs américains, européens et canadiens n’aboutissent à une réduction des charges de pointe liées aux mouvements d’aéronefs dans les principaux carrefours aériens, principalement en Amérique du Nord et en Europe occidentale, la congestion et les retards se maintiendront, et risquent même de s’aggraver.

Il faudra attendre l’automne pour que la situation s’améliore, la demande de voyages aériens diminuant à la rentrée scolaire. Les effectifs atteindront également les niveaux requis d’ici là, avec le retour à des conditions normales d’exploitation des vols commerciaux.

Parmi les autres facteurs susceptibles de réduire la demande, citons l’augmentation des tarifs aériens due à l’inflation et à la hausse des prix du pétrole, qui pourrait compromettre la survie de certaines compagnies aériennes.

Quels conseils donneriez-vous aux passagers aériens au cours des prochains mois ?

Les autorités aéroportuaires fournissent des conseils aux voyageurs sur la meilleure façon de se préparer aux voyages estivaux, y compris des informations sur la façon d’éviter les retards lors des contrôles de sécurité.

Cet été, pour affronter cette période de perturbations, je recommande aux passagers aériens de faire preuve de patience, de s’assurer qu’ils sont bien reposés avant de se rendre à l’aéroport et de se rappeler que les employés des compagnies aériennes vivent également des moments de stress au quotidien.

Un sourire, un merci et, surtout, une attitude bienveillante envers les autres voyageurs et le personnel sont de mise. L’expérience des voyages en avion n’en sera que meilleure !

La Conversation

John Gradek ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.



Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons.

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